16 novembre 2010 10 Commentaires

De l’éducation thérapeutique

Marie-Josette, c’est ma voisine.

Elle est infirmière libérale, alors quand je gratte dans mon jardin et qu’on se croise, ça nous fait d’autres sujets à évoquer que la météo ou que le chien de la factrice qui aboie tout le temps.

Elle a 55 ans, alors elle a de l’expérience. Elle fait ses propres diagnostics sur les patients qu’elle prend en charge, avant que ce soit confirmé par leur médecin traitant. C’est probablement une bonne infirmière.

Elle sait aussi que j’aime bien cuisiner, alors quand elle a testé une nouvelle recette, on en cause devant le portail, ça repose la tondeuse pendant cinq minutes.

Samedi, comme personne n’avait essayé de me refiler sa garde (ça arrive!), je ramassais les feuilles du tilleul. Elle sortait de chez elle pour entamer sa tournée de l’après midi. Comme elle me voit, elle vient me faire goûter de la nougatine qu’elle a fait elle même, elle a appris la semaine dernière, à la foire gastronomique. Elle était excellente, somme toute.

« Je ne vous en donne qu’un morceau, parce que je l’ai promise à Mme V., du hameau voisin. Bon, elle est diabétique, mais à 88 ans, ça ne changera plus grand chose. Depuis qu’on l’a amputée de la jambe gauche, elle ne fait plus vraiment attention à son régime! »

A l’heure où l’on se gargarise de travail en réseau, de prise en charge pluridisciplinaire, j’ai eu un pincement au coeur, pour le médecin traitant de cette dame, qui creuse son ulcère à coups d’hémoglobines glyquées exponentielles, sans savoir que la dealeuse de sucre, c’est l’infirmière libérale, en toute connaissance de cause.

Je ne suis pas mécontent d’habiter suffisamment loin de mon cabinet pour ne pas partager de patients avec elle.

Juste partager la nougatine.

10 Réponses à “De l’éducation thérapeutique”

  1. dame raoul 16 novembre 2010 à 22:00 #

    Excellent !!!
    Fut un temps où je ramenais moi-même des pots de miel corse à un ami diabétique… j’aurais aimé pouvoir le faire encore longtemps….

  2. Jaddo 17 novembre 2010 à 22:47 #

    C’est pas super politiquement correct, mais je crois que j’espère secrètement que si j’ai un jour 88 ans, du diabète et une jambe en moins, j’aurai une dealeuse de nougatine dans mon entourage.
    Parce que dans mon échelle de bonheurs, la nougatine arrive avant la contemplation de mon Hb glyquée encadrée dans le salon.

    Après, c’est sûr que ça dépend de l’état de ta patiente, et de combien elle peut encore vivre, et de comment elle vit, et de plein de trucs que tu as pu apprécier et pas moi…

    Des bisous.

  3. docteursachs 17 novembre 2010 à 23:15 #

    Rassurez vous les filles, je n’ai pas fait de délation, la dealeuse court toujours…

  4. chantal 18 novembre 2010 à 17:46 #

    C’est toujours délicat avec une personne souffrant du diabétique ayant un certain âge. D’un coté le raisonnement médical, de l’autre la joie de vie du malade et les petits plaisirs interdits (tel la nougatine ici) en font parti. Je pense que cela dépend de la personnalité, de son état de santé et sa joie de vie , ainsi son attente de l’avenir, si ces « petits gourmandises » sont envisageable sans trop de dégâts. Surtout que vaut une vie où le plaisir ou la joie sont absent? Puis, je soupçonne que le médecin traitant doit s’en douter un peu.

    Bonne journée

  5. Fluorette 19 novembre 2010 à 9:22 #

    Ah le régime!!! J’aime aller en visites et voir la tonne de pommes et les chocolats sur la table, le gâteau qui sent bon dans le four et comprendre pourquoi cette hémoglobine glyquée ne descend pas!
    Et comme tout le monde, j’aimerais que quand je serai vieille on m’apporte des choses interdites par mon médecin (mais pas illégales… c’est juste que les sucreries c’est pas mon truc, le fromage oui)

    Nous sommes tous les mêmes

  6. Martine-Ginette 20 novembre 2010 à 13:14 #

    J’ai même pas eu le privilège de gouter a la nougatine de
    Marie-Zosette… c’est vraiment trop injuste !

  7. zigmund 24 novembre 2010 à 0:05 #

    mon papa diabétique de 90 printemps assez en forme fait des efforts louables pour limiter le pain et le jus de tomate mais craque devant les gateaux qui trainent partout dans la maison et s’offre une omelette norvégienne au resto quant à moi j’ai prévenu les dealers de mon entourage que sur mon lit de mort je me ferai une orgie de dunhi*l rouges

  8. Tinote 26 mai 2011 à 13:31 #

    le grand père de mon mari a son médecin qui lui prend la tête sur sa consommation de sucre, alors que le grand père en question a 94 ans et lui a clairement dit que sa priorité n’était pas de faire attention à son sucre dans le sang… ben le médecin a un discours pénible et culpabilisant sur le bien fondé de la raison qui dit qu’il faut moins manger de sucre… tout le monde n’est pas capable d’assumer devant la blouse blanche un choix pour sa propre santé qui ne correspond pas à la raison médicale…

  9. Babeth 18 avril 2012 à 0:54 #

    J’en connais une aussi, une adorable vieille dame avec qui je partage un demi-gâteau tous les mercredis en rentrant du marché. Oui je sais que c’est pas bien, le diabète toussa toussa, mais elle se prive déjà de tout alors bon, la petite douceur du mercredi… (d’ailleurs quand je suis pas là elle prend pas de gâteau, je suis son unique complice de sucrerie!)

  10. Vestalle&Co-MHB 27 juin 2013 à 21:11 #

    Encore une auxiliaire de vie qui traîne dans le coin!
    Mes petits vieux sont gourmands comme des chattes pour la plupart, et quand j’ose leur dire qu’il faut faire attention, ils me signalent gentiment qu’à 87 balais, faut profiter des derniers plaisir de la vie avec le cimetière.
    Et au fond, z’ont raison. Z’ont pas demandé à vivre si longtemps, alors si déjà ils sont encore là, ils se font plaisir, quoi.
    (bon, le vrai problème dans tout ça, et personne n’en parle jamais, c’est l’auxiliaire de vie qui prend du lard, parce que les petits vieux aiment bien partager les douceurs)


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