29 décembre 2010 14 Commentaires

C’est l’histoire d’un mec

Gérard a 58 ans. Il est médecin généraliste.

Il y a 3 ans, c’est lui que j’ai rencontré en premier pour parler de mon installation ici, avant même le médecin auquel j’allais succéder. Je l’ai vite trouvé sympa, ouvert, plein de bonnes idées; il avait une formation en soins palliatifs et se félicitait de l’arrivée d’un deuxième médecin formé pour développer cette culture sur l’hôpital local.

Cette première rencontre amicale et fructueuse a largement participé à ma décision d’installation. Son amitié et son accueil désintéressé m’ont fait oublier les premiers temps que j’arrivais dans une région où je ne connaissais personne. Depuis, on joue de la musique ensemble, et je vais manger chez lui régulièrement, avant les réunions à l’hôpital pour m’éviter un tête à tête de plus avec le micro-ondes du cabinet.

Je fais presque partie de la famille.

En 1968, Gérard avait 16 ans. Forcément, ça laisse des traces. Il a gardé une âme d’idéaliste, toujours prêt à s’enflammer pour un point d’éthique, le combat du bien être du patient contre le formalisme bureaucratique ou la nécessaire rentabilité hospitalière. Ça donne lieu a des réunions parfois épiques avec la direction. Souvent j’étais d’accord avec ses idées, alors je le soutenais dans les débats, sans avoir sa verve, mais ça faisait deux voix au lieu d’une face à l’inertie résignée des confrères.

Les dernières frictions ont eu lieu récemment, après le passage des experts accréditeurs. La directrice veut supprimer les entrées le week-end, car les patients ne sont pas enregistrés sur l’informatique, ce qui est non conforme aux critères de l’identitovigilance (en gros, le risque est plus grand se tromper de patient ou de traitement, surtout quand on connaît la propension des médecins à confondre calligraphie et hiéroglyphes).

La solution qui nous parait évidente, c’est de former les administrateurs de garde à faire les entrées sur informatique (sinon, à quoi servent -ils?). La solution qui leur parait évidente, c’est de ne plus faire d’entrée en dehors des heures d’ouverture du bureau des entrées, fastoche. On a bien passé 45 minutes à s’étriper sur le sujet lors de la dernière CME. Devant la menace de la directrice de prendre une décision malgré l’avis des médecins, Gérard a menacé de revoir sa participation au fonctionnement de l’hôpital. Il a insisté pour que ce soit noté au compte rendu. C’était un geste fort, plein de panache, même si certains ont pu penser que ce n’était que du bluff.

Lors de la même réunion, nous avons évoqué les gardes de milieu de nuit. Dans notre département, nous sommes joignables par le 15 jusqu’à minuit seulement. Sauf sur volonté exprimée du médecin.

L’année dernière, le conseil de l’ordre a lancé un appel à candidature pour les médecins qui souhaitaient revenir à une garde complète la nuit. Gérard a fait partie des 5 médecins du département à répondre positivement. Pour lui, c’est la mort de la médecine générale que de ne plus assurer la permanence des soins 24h/24. Il ne se sent plus crédible devant ses patients, et pense que cela incite les gens à se rendre directement aux urgences, pour attendre 4 heures dans une salle d’attente avant d’être vus par un médecin qui ne les connaît pas, leur prélèvera un demi litre de sang pour analyse pour leur prescrire invariablement de l’Ixprim (je caricature, hein, c’est pour faire comprendre, les urgentistes sont nos amis!).

J’avoue ne pas avoir fait le même choix que lui. Avec le rythme de boulot, les gardes qui reviennent bien assez souvent, je suis heureux d’éteindre la lumière à minuit sans l’arrière pensée d’un appel strident à 4 heures pour l’OAP du petit matin. Sur le fond, je suis de son avis, mais j’ai déjà du mal à mettre des limites au travail la journée, alors je chéris mes heures de repos nocturne, au détriment de ma conscience.

Je sais que certaines nuits où je dors, un grand père va décéder vers1h du matin, et que son épouse n’aura pas d’autre choix que d’attendre 8h le lendemain pour qu’un médecin soit joignable, et vienne éventuellement vers 13h commencer à la rassurer et l’accompagner dans ce moment difficile. Gérard, ça le met en rogne, il a même donné aux aides soignantes de la maison de retraite la consigne d’appeler le 15 en cas de décès, et d’exiger la venue d’un médecin, sachant que ce ne sera pas fait, mais pour que l’enregistrement de l’appel les décharge de ce diagnostic qui ne leur incombe pas.

Sauf que tout ça, c’est du flan. Du beau discours. De la parlotte.

Une de mes patientes a été admise à l’hôpital local un jeudi dernièrement. Comme c’est le jour où je ne travaille pas, quelqu’un d’autre fait l’entrée, et je la reprends en charge ensuite. Comme c’est un ami, Gérard s’en charge, le plus souvent. Mais là, non.

Il se bagarre pour qu’on garde des entrées le week-end, mais ma patiente est restée en pleine semaine avec un dossier informatique vierge. Il n’est même pas allé la voir. Il  m’a dit que comme elle avait seulement 4 médicaments dans la journée, il lui avait semblé que ça pouvait attendre le vendredi après midi, quand je passerais.

Un autre de mes patients est décédé à 23h, en début de semaine dernière, sur sa garde; dans le service de médecine, pour lequel nous restons joignables même après minuit; mais il n’a pas fait les 150 mètres qui séparent son domicile de l’hôpital. Il m’a dit qu’il était déjà en pyjama, qu’il n’avait pas eu le courage de se rhabiller, il a dit à l’infirmière de m’appeler tôt le matin pour que je passe avant d’attaquer mes consultations.

Vendredi dernier, Gérard fêtait Noël, comme tout le monde. Il avait bloqué les rendez vous de l’après midi, pour faire les dernières courses alimentaires. On s’est croisé à l’hôpital, pendant que je me débattais entre mes patients et ceux de 2 autres médecins absents pour les fêtes. Quand l’infirmière lui a proposé de me demander un coup de main, il a ri en me disant que je n’étais pas suffisamment organisé, que j’aurais du bloquer mon après midi aussi. Qu’il était en vacances, à 15h, et que ça lui faisait bien plaisir.

Il est parti en me laissant un petit mot pour me souhaiter de bonnes fêtes. J’ai été touché de tant de sollicitude.

Je ne le vois plus comme un médecin. Juste comme un homme politique.

De gauche, d’accord, mais quand même. Ses belles tirades ne seront plus pour moi qu’effet de manches et rhétorique stérile. A quoi servent ses combats s’il ne tient pas le premier de ses engagements?

Je n’ai pas trouvé le courage de lui dire ce que je pense de tout ça. Je vais attendre un peu que la colère retombe.

Si l’estime que j’avais pour lui est bien entamée, je vais au moins essayer de sauver notre amitié.

14 Réponses à “C’est l’histoire d’un mec”

  1. zigmund 29 décembre 2010 à 14:17 #

    à ces questions il n’y a pas de réponse univoque. en tant que spé je suis « protégé » mais j’ai été habitué pendant mon CES à être disponible 24h /24 (l’appel en pleine nuit est rare en oph mais existe)
    tous les médecins du coin peuvent m’appeler sur mon portable en cas d’urgence (j’ai même une fois répondu lors d’un voyage en Chine)
    Pour les médecins généralistes, je comprends que la garde toute la nuit c’est hard d’autant plus quand on veillit et que le nombre de confrères diminue surtout en milieu rural. mais le système de garde actuel est vraiment dangereux et pas que pour les papis…
    pour moi la première solution est d’augmenter le numérus clausus
    Dans ma campagne les généralistes n’acceptent plus de nouveaux patients et nous avons perdu 4 médecins partis sans successeur…
    votre ami a peut être eu un genre de « passage à vide » j’ai fait ce genre d’erreur et en porte la honte encore aujourd’hui mm si les conséquences n’ont pas été graves.

  2. Fluorette 2 janvier 2011 à 23:24 #

    J’étais dans une région où les gardes finissaient à minuit. C’était un bonheur. M’endormir sereinement, en sachant que je pourrai assurer ma journée du lendemain correctement était positif. Surtout que j’ai de grosses difficultés à m’endormir et un mauvais sommeil.
    Beaucoup de médecins appréciaient ce fonctionnement. Les stats ont montré que la régulation téléphonique était utile, qu’il n’y avait de minuit à 8h que : des vraies urgences qui nécessitaient un samu ou une amublance pour les urgences ou des petites choses qui peuvent attendre le lendemain et pour lesquelles un avis tél suffit pour attendre le lendemain. (pour répondre à zigmund, le système a été à l’essai, il n’était pas plus dangereux) Et aucun médecin du coin n’y a perdu sa crédibilité.
    J’ai changé de région. Le fait que soi-disant on n’est pas dérangé souvent ne suffit pas. Je m’endors angoissée, on me réveille, je dois sortir dans le froid, sur le verglas, passer du temps sur des trucs qui auraient pu attendre, vraiment.
    J’ai aussi fait du SOS. Je pense qu’une visite sur 10 était justifiée la nuit. j’ai eu l’impression qu’on se foutait de moi à me déranger comme ça.
    Alors les beaux discours de ceux qui pensent qu’on doit etre corvéable, ça ne repose sur rien.
    Pendant mes études, un médecin (excellent et humain) m’a dit : un bon médecin a une vie perso qui va bien. C’est impossible si tu es épuisé, dans le stress et pas satisfait de ce que tu fais
    Je suis jeune mais la médecine n’est pas toute ma vie.
    Et quand je te lis ici (je peux aussi vouvoyer, au choix), par moments, tu sembles très fatigué. L’hopital, les gardes de nuit c’est bien beau. Mais je crois qu’il vaut mieux tenir sur la durée que craquer car on a voulu trop en faire.
    Ce n’est que ma vision des choses mais c’est celle de pas mal de jeunes confrères qui ont vu des « ainés » péter les plombs. Le dévouement n’a pas que du bon

  3. chantal 3 janvier 2011 à 10:57 #

    @Dr Sachs: j’espère que vous arrivez à sauver votre amitié, mais une fois l’estime endommagé l’amitié l’est souvent également.

    @Fluorette: que pensez-vous d’une première crise de calcul (vésicule biliaire) vers 1H du matin? Ce n’est pas un bobo qui peut attendre le lendemain et ce n’est pas une urgence pour le SAMU. Heureusement, que je l’aie eu il y a 10 ans, aujourd’hui on me demanderais de me rendre aux urgences – encore à se demander comment conduire 50 kms quand on se tord de douleurs – pour obtenir éventuellement au bout de deux à quatre heure enfin un anti-douleur efficace. Quoique, là, le MG a presque ouvert son cabinet. C’est peut-être aussi une manière de réduire le trou de la sécu?°

    Vous voyez l’avantage pour le médecin, vous ne voyez pas les inquiétudes et angoisses d’une personne qui souffre et qui doit se contenter d’un appel régulateur qui peut se tromper, en disant que ce n’est rien.

    Ce n’est pas étonnant qu’entre la France et les USA un accord sur la Télé-médecine fut conclu récemment. Les USA veulent plus investir sur ce secteur de santé prometteur de gain et ici soi-disant pour palier aux défaillances de couverture médicale. Médecins réveillez-vous avant que vous ne soyez plus que des fonctionnaires de l’administration et des règlements et que votre occupation professionnelle principale – soigner des gens -devienne accessoire. Ici, en Allemagne c’est commencé et le seul qui fait encore frein est le « Hausarzt » (genre médecin de famille) et pour cela il est attaqué de tous les cotés.

    Bonne journée

  4. Fluorette 4 janvier 2011 à 10:17 #

    @chantal
    Non je ne vois pas que le côté médecin. Mais un médecin qui enchaine les gardes, qui ne dort pas et qui doit quand même être là la journée n’est à aucun moment un bon médecin car il est trop fatigué. Le risque d’erreur est encore plus grand.
    Dans le genre de cas dont vous parlez, nous envoyions une ambulance chercher le patient. Bien sur, ça parait démesuré (c’est ce que je pensais avant qu’on ne me montre les chiffres). Mais c’est rare et donc ça coute moins cher que de payer des astreintes à des médecins sur toutes les zones du département.
    La situation ne va pas s’arranger dans les années qui viennent, il y aura des choix, ils seront douloureux pour les patients comme pour les médecins.
    Nous sommes déjà des fonctionnaires

  5. Gélule 4 janvier 2011 à 10:58 #

    C’est toujours comme ça : les idéaux et les grandes idées, c’est super. Les actes au quotidien, c’est mieux. Bon courage à toi, parce que ce genre de situation fait mal.

    Pour rebondir sur le débat garde de 24h ou pas :

    la situation décrite par Chantal fait partie des rares trucs pas « urgence vitale » mais « urgence de soin ». Statistiquement c’est TRES loin d’être la majorité des motifs d’appel la nuit entre minuit et 8h.
    Comme l’a très bien dit Fluorette plus haut, soit c’est urgence vitale / médicale et c’est hosto, soit ça peut attendre un peu.

    Je fais partie de la jeune génération, qui s’entend dire par les plus vieux qu’on n’est qu’une bande de feignasse, qu’on veut plus bosser, que EUX qui faisaient du 24/24 c’était CA la VRAIE médecine générale. Et bien non.
    Les salles d’attente bondées avec 2h d’attente parce qu’on prend sans rendez-vous pour que tout le monde puisse venir tout le temps, c’est pas ça la médecine.
    La disponibilité 24/24 pour se précipiter chez les gens au milieu de la nuit pour « sauver » le gamin de 5 ans qui a 38,5, c’est pas ça la médecine.
    L’absence de vie personnelle / de famille parce qu’on est au cabinet jusqu’à 23h pour terminer la paperasse, c’est pas ça la médecine.
    Ce n’est pas du dévouement. Ca sent au mieux le « j’ai peur qu’on m’aime pas », au pire le clientélisme.

    Il n’y a pas eu d’augmentation de la mortalité dans les zones où les gardes se font jusqu’à minuit sur régulation du 15. Comme quoi, la sacro-sainte disponibilité sans faille du saint médecin généraliste, c’est pas si indispensable que ça.

    Je veux bien faire plein de gardes, mais je veux pouvoir travailler sans piquer du nez sur mon bureau et risquer de faire de TRES grosses boulettes avec les patients qui viennent me voir en pleine journée après ma nuit blanche.
    Je veux bien bosser 12h par jour, mais sans passer seulement 10 minutes par patient, et en leur donnant l’assurance d’être à peu près à l’heure. C’est plus poli, c’est plus organisé, tout le monde est plus cool, on fait du meilleur travail.

    Dr Sachs, désolée de m’être emportée… Je suis de tout coeur d’accord avec toi. Merci pour ton billet et pour ton blog, source de réflexion pour les bébés généralistes comme moi. Très belle année à toi.

  6. docteursachs 4 janvier 2011 à 13:00 #

    Evidemment, la médecine évolue, la demande aussi, et si on pouvait se permettre de faire des gardes plus souvent avant, c’est aussi parce que les gens n’appelaient pas pour rien, ne s’attendaient pas à être soulagés d’un mal de gorge une demi journée après être passé chez le médecin.

    C’est un métier désormais ardu aussi parce que la vraie urgence est planquée au milieu des 10 consultations « inutiles » qu’on fait par jour, pour des motifs qui ne mérite pas de consulter.

    Ce qui m’a fait écrire cet article, c’est surtout le décalage entre le discours de ce médecin, plein de bonnes intentions mais qui ne me semble plus adapté à notre pratique quotidienne, et ses actes, finalement les mêmes que mes autres confrères qui ne cherchent plus à se faire passer pour des surhommes, et assument de laisser le déluge derrière eux quand ils en ont ras le bol.

    Je reste convaincu que je suis à ma place dans mon cabinet, dans cette campagne là, mais je crois qu’il faut être conscient de la réalité de cette médecine là pour la vivre au mieux et ne pas péter un cable.

  7. chantal 4 janvier 2011 à 21:01 #

    @Fluorette: et qu’en est du discours et de la plainte des services urgences qui voient arriver des gens qui n’ont rien à faire là, que c#est pour le médecin de garde? Déjà, il y a 10 ans les services d’urgences se sont plaint qu’ils sont là pour les urgence et non les bobo. C’est seulement déplacer le problème (ici le malade). Un échec du système de santé.

    Quand au coin d’Allemagne que j’habite, les médecin ne sont apparemment pas de garde, car pour le week-end il faut téléphoner à l’hôpital. S’il trouve que vous avez besoin de consulter, et bien il faut se déplacer à vos frais à l’hôpital – sauf si vous êtes en danger de mort là c’est le SAMU (« Notarzt » qui intervient lors d#une crise cardiaque, un accident de la circulation).

    En tant que patient, je vois la défection des soins médicaux en-dehors des heures d’ouvertures du lundi au vendredi. Tant pis, son est malade entre les deux ou ayant besoin de visites à domiciles qui deviennent aussi de plus en plus rare. Les caisses d’assurance de maladie ne paye presque rien pour ca. Puis, elle calcule qu’un MG n’a pas besoin de plus de 8 minutes par patient. Le temps avec les patient est de moins en moins, celui de la paperasserie pour sa comptabilité et etc, augmente.

    Ça, ce n#est pas la médecine pour le bien du patient / l’assuré mais pour faire du CA. C’est cette direction que prend le secteur médical mondial et personne ne trouve rien à dire. Là, je vais faire économiser des sous à la caisse et les médecins ne gagneront rien: bon retour aux remèdes de grand-mères et aux charlatans qui eux sont à l’écoute (aussi pour les sous). Dans 30 ans, des épidémies tel qu’on connu les siècles précédents vont revenir et là plus personne ne pourra lutter contre, car toute crédibilité sera perdu au profit des intérêts pécuniaires avant celui de l’humanité.

    Là, où j’habitais en France, la garde fut régler par 4 ou 3 jours 24h/24. Ca marchait bien avec 11 MG, mais avec 7 plus du tout.

    Bonne chance pour vous tous, mais la crédibilité médicale (allemande ou francaise) est plus une chimère. J’attends plus.

    Il faudrait apprendre et responsabiliser aux gens de gérer leur santé. Puis, pourquoi la personne au téléphone du 15 serait-elle plus apte à jugé l’état de la personne que le médecin de garde. Ensuite, on peut aménager , modifier la garde: un jour de garde (24/24), puis un jour de repos complet (y compris pour son propre cabinet avec une indemnisation moyenne d’une journée de consultation) mais là aucun médecin ne devra se désister et refuser son tour de garde.

    Je vous souhaite tous du courage et bonne soirée

  8. dameraoul 7 janvier 2011 à 0:38 #

    ouais ben t’as qu’à publier des articles sans me le dire aussi !!!

    sinon ça va bien la p’tite santé tout ça ???

    Dernière publication sur Dame Raoul : Résurrection

  9. Babeth 11 janvier 2011 à 23:17 #

    J’ai presque honte de poster au milieu de tous ces médecins. Je suis juste auxiliaire de vie, vous savez, celle qui est tout en bas de l’échelle, celle qui nettoie les diarrhées de gastro que les médecins soignent. Chez nous, pas de notion d’urgence vitale, certes, mais l’épuisement est là aussi, et la frontière vie privée/vie pro est parfois dure à trouver. Finalement, en bas, en haut, on a tous un peu les mêmes questions.

  10. dameraoul 13 janvier 2011 à 22:01 #

    @Babeth : ouais, c’est vrai, y a trop de médecins ici !!! ça va devenir un blog d’élitistes bientôt !!!

    Dernière publication sur Dame Raoul : Résurrection

  11. docteursachs 14 janvier 2011 à 0:33 #

    Ah bah non, les auxiliaires de vie et les directrices adjointes sont les bienvenues, voyons, faut juste avoir le courage de laisser un commentaire!

  12. bernardmartiaux 26 juin 2012 à 1:08 #

    La passion éthique, un discours pseudo-moral. Puis ne pas agir, parler pour ne rien être c’est le propre de la névrose. Ce Gérard aurait besoin d’une de soin.

  13. Anne 13 juillet 2012 à 14:30 #

    Cet article décrit parfaitement le médecin géneraliste chez qui j’ai fait mon stage chez le prat il y a quelques mois (je suis interne en 4ème semestre de médecine gé). Il n’arretait pas de raler en disant que c’était la fin de la médecine génerale, que nous les jeunes on était des gros feignants .. etc et était le 1er à prendre des congés au dernier moment en annulant ses consults et en disant à ses patients d’appeler tel confrere pour qu’il les reçoit (ledit confrere n’étant pas au courant).
    Je n’aurais eu que lui comme maitre de stage je crois que j’aurais définitivement renoncé au libéral , mais heureusement j’en ai eu un autre absolument génial (aussi franc dans ses discours que dans ses actes qui n’hésitait pas à revendiquer son droit de finir ses consults à 19h , de prendre un jour de repos par semaine mais qui ne rechignait jamais à prendre 15 minutes de plus pour rajouter une consult urgente)
    Voili,voilou
    Juste pour dire aux vieux médecins que si vous voulez nous (re)donner envie de faire de la médecine gé en libérale arrêtez vos discours moralisateurs et agissez en adéquation avec vos paroles !!

  14. toubib38 20 avril 2013 à 23:55 #

    allez je me lance
    j ai 58 ans et je commprend tout a fait les jeunes médecins
    Au début lorsque je me suis installé comme généraliste je pensais être assez costaud pour enchainer les gardes , les nuits de régulateur au centre 15 ( pour éviter justement au confrères de garde d ‘ être dérangés entre minuit et 8 heures ), et ensuite enchainer le jour sur les consultions
    tout s ‘ est bien passé au début mais au bout de quelques années , celà a abouti au fameux burn out avec TS et hospitalisation avec en prime un divorce parce que j ‘ avais oublié de m occuper de ma famille
    j ai alors réfléchi et j ‘ ai appliqué les conseils de la psy qui m a suivi et je suis toujours en activité mais j ai mis plusieurs années à expliquer à mes patients que je ne travaillerai plus que sur rendez vous , que je ne ferai plus de visites injustifiées ,j ‘ai mis fin aux régulations , je rentre chez moi à midi pour prendre un vrai repas ,je me repose un peu avant de repartir au boulot ,j ‘ ai refait du sport le dimanche au lieu d ‘ aller me coucher au sortir d une garde le samedi soir , bref j ai compris qu un bon médecin est d abord un médecin reposé , en forme physique , se préoccupant de ses enfants : évidemment beaucoup de mes patients ont demandé leur dossier et ont changé de médecin mais c ‘ était le prix a payer
    Donc je vous rassure jeunes confrères , il existe des médecins de 58 ans qui vous comprennent totalement et ne vous considèrent pas comme des fainéants etc…
    Au contraire vous avez bien compris qu ‘ un médecin en forme travaille mieux et est plus efficace pour ses patients


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